La ville mange, mais elle ne cultive presque plus.
MANIFESTE RECOLT
Chaque m² est un espace nourricier
La ville mange, mais elle ne cultive presque plus.
Pendant que les rues se minéralisent, que les cours d'école deviennent des parkings et que les sols s'épuisent, nous continuons à parler de transition écologique sans regarder ce que nous avons sous les pieds.
Nous affirmons qu'à l'échelle d'une école, d'un quartier, d'une ville, chaque m² peut devenir une petite infrastructure nourricière, pédagogique et sociale, si l'on décide de le mesurer, de le concevoir et de le cultiver autrement.
1. Le sol vivant, première infrastructure de la ville
Nous considérons le sol vivant comme une infrastructure publique essentielle, au même titre que l'eau, l'énergie ou la voirie.
Un sol vivant produit des aliments, stocke du carbone, retient l'eau, rafraîchit la ville, soigne les corps et les liens entre habitants.
Ramener le sol vivant au cœur des écoles, des EHPAD, des quartiers populaires et des équipements publics n'est pas un luxe : c'est une condition de résilience alimentaire, climatique et sociale.
2. Mesurer le potentiel nourricier pour agir
On ne transforme pas une ville en territoire nourricier avec des intentions, mais avec des méthodes et des chiffres.
RECOLT a créé l'IPN‑RECOLT, un indice de potentiel nourricier qui permet de :
- Cartographier les surfaces mobilisables : cours, toits, friches, pieds d'immeubles.
- Estimer des rendements réalistes en kg/m² sur sol vivant.
- Traduire cette production en portions, repas, ateliers, paniers pour les habitants.
Mesurer le potentiel nourricier d'une école ou d'un quartier, c'est donner aux décideurs un outil pour prioriser leurs investissements, défendre des budgets et sortir les jardins pédagogiques du symbolique pour les inscrire dans les politiques alimentaires et éducatives.
3. Faire des écoles et quartiers des « laboratoires nourriciers »
Nous défendons une ville où :
- Chaque école dispose d'une cour nourricière, d'un potager ou d'un verger didactique connecté à la cantine et aux programmes scolaires.
- Chaque quartier intègre des espaces cultivés, animés par des habitants, associations, agriculteurs urbains.
- Les projets nourriciers deviennent des bases concrètes pour apprendre, partager, soigner, créer des emplois locaux.
Nous appelons les collectivités, les institutions éducatives, les bailleurs, les réseaux d'agriculture urbaine et les acteurs de santé à considérer les jardins potagers urbains comme une politique publique à part entière, et non comme un supplément décoratif.
4. Notre engagement
RECOLT est un bureau d'études en ingénierie nourricière.
Nous nous engageons à :
- Standardiser la mesure du m² nourricier pour les écoles, les quartiers, les villes.
- Concevoir des projets réplicables et financièrement soutenables.
- Partager nos méthodes, référentiels et retours d'expérience avec les territoires qui veulent devenir nourriciers.
Nous croyons qu'un réseau d'écoles nourricières et de quartiers comestibles peut, en quelques années, changer profondément la manière dont les enfants et les adultes mangent, apprennent et habitent la ville.
5. Appel
Nous invitons :
- Les villes et intercommunalités à intégrer le potentiel nourricier dans leurs diagnostics territoriaux, plans alimentaires et projets d'aménagement.
- Les écoles, EHPAD et institutions à devenir pilotes de cours et jardins nourriciers.
- Les réseaux d'agriculture urbaine et de villes nourricières à co‑construire avec nous un référentiel commun de l'ingénierie nourricière territoriale.
Chaque m² compte.
Passons de la ville qui consomme à la ville qui nourrit.
Jean Dussin
Fondateur & CEO – RECOLT, Bureau d'études en ingénierie nourricière
Chaque m² est un espace nourricier – Un jardin potager pour tous